BD

  • De très belles nouveautés en jeunesse !

    En ce début d’année, les éditeurs ont gâté les plus jeunes lecteurs, enfants et ado avec de nouvelles séries de BD jeunesse de très bonne qualité. En voici une petite sélection :

     

    Momo

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    de Jonathan Garnier et Rony Hotin aux éditions Casterman

    Momo est une petite fille espiègle qui vit la plupart du temps chez sa grand-mère car son père, marin, est souvent absent.

    On suit avec bonheur les déambulations de cette gamine au franc parler qui a du mal à trouver sa place auprès des enfants de son âge mais s’acoquine bien volontiers des grands ado qui trainent dans les rues de ce petit village de bord de mer.

    L’ambiance douce et calme qui rappelle celle des meilleurs Miyazaki nous fait passer du rire aux larmes en un clin d’oeil.

    Que l’on ait l’âge de Momo ou qu’on l’ait eu un jour, on apprécie la douceur et l’ambiance de son univers. L’histoire est très belle, avec un parfum d’enfance et d’innocence !

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    Kushi

    de Patrick Marty et Golo Zhao aux éditions Fei

    Au milieu des années 1980, Kushi est une jeune orpheline d’un village de Mongolie intérieur. Elle est très turbulente mais très intelligente. Son origine reste un mystère pour les habitants du village qui l’ont trouvée toute bébé, et la considèrent un peu comme une petite sorcière malfaisante. Elle a été élevée par la chamane du village, et a pour plus fidèle compagne, une chienne qui a été trouvée en même temps qu’elle.

    Elle vit en parfaite harmonie avec la nature qui l’entoure, jusqu’à ce que sa steppe se voit menacée par d’avides investisseurs locaux qui souhaitent rompre avec les traditions pour accéder à la modernité.

    Le monde a changé, nous n’appartenons plus à la steppe, c’est elle qui nous appartient !

    Kushi sera celle qui saura se rebeller contre ces hommes pour défendre son milieu naturel.

    Les auteurs de « La Balade de Yaya » nous livrent ici une très belle fable aux résonances écolo et  anthropologiques fortes.

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    FRNCK

    de Brice Cossu et Olivier Bocquet aux éditions Dupuis

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    Franck est un ado orphelin et rebelle qui cumule les expériences catastrophiques auprès de familles d’accueil. aucune ne lui convient, et l’administration commence à désespérer de son cas.

    Suite à son énième fugue, Franck se retrouve au cœur de la forêt où il a été trouvé bébé par le jardinier de l’orphelinat. En tombal dans un trou, il découvre un monde étrange et sauvage.  Il s’aperçoit rapidement qu’il est tombé en pleine préhistoire !

    Les humains qu’il rencontre, d’abord hostiles, vont bientôt devenir ses alliés pour tenter de retourner à son époque. Problème : à la préhistoire, les voyelles n’existent pas encore ! Frank, rebaptisé FRNCK doit commencer par établir une communication avec ces êtres au langage étrange ; et se débrouiller dans un monde sans commerce, sans téléphone, sans réseau et sans ordinateur.

    Une série d’aventure très drôle aux multiples rebondissements !

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    Emma et Capucine

    de Jérôme Hamon et Léna Sayaphoum aux éditions Dargaud

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    Emma et Capucine sont deux sœurs adolescentes passionnées par la danse depuis leur plus jeune âge. Leur rêve commun est d’entrer ensemble à la prestigieuse école de danse de l’Opéra de Paris.

    Capucine, la plus jeune dans de façon très académique et parfaite, tandis que sa grande sœur Emma pratique une danse plus personnelle… Capucine sera reçue, Emma ne le sera pas… Dès lors cette dernière va s’interroger, ce rêve qu’elle poursuit depuis l’enfance est-il bel et bien son véritable désir ?

    Emma va s’épanouir et grandir de cet échec…

    Une histoire tendre et belle.

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  • Petit traité d’écologie sauvage

    de Alessandro Pignocchi, aux éditions Steinkis

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    Pour les amateurs d’humour à la fois absurde et noir, le « Petit traité d’écologie sauvage » est un indispensable !

    Alessandro Pignocchi, chercheur en sciences cognitives et philosophie part du postulat que l’humanité est devenue animiste.  Dès lors provoquer par mégarde la mort d’un animal peut entraîner la fureur de son esprit protecteur. De même l’ensemble des êtres vivants (plantes et animaux compris) deviennent citoyens du pays dans lequel ils sont nés…

    La civilisation occidentale survit dans quelques ilôts préservés que les anthropologues jivaros viennent étudier. Bien sûr le mode de vie destructeur de ces occidentaux semble aberrant aux yeux de ces chercheurs animiste, mais leur défense leur paraît essentielle  à la préservation de la pluralité des traditions : « la diversité doit être préservée sous toutes ses formes, y compris la diversité des façons de se détruire »…

    Derrière une série de situations désopilantes, le propos écolo est bien réel. Alessandro Pignocchi pratique ici un anti-ethnocentrisme, qui remet l’être occidental contemporain à sa juste place au sein de la planète.

    Un humour qui n’est pas sans rappeler celui du génial « Zaï Zaï Zaï Zaï » avec un dessin presque aussi épuré mais en couleurs directes.

    -« Maman, à quoi ça sert la nature ? »

    -« A rien mon chéri, tout comme toi »

    A lire absolument !

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  • Idéal Standard

    Aude Picault

    Dargaud – 17.95 €

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    Claire, 32 ans, infirmière en néonatalogie, ne parvient pas à s’épanouir dans une vie de couple. Elle enchaîne les expériences plus ou moins bidons avec des petits amis de passage, mais ne parvient jamais à se fixer. Lorsqu’elle rencontre Franck, elle pense enfin avoir trouvé l’homme qui partagera sa vie, et qui sera le père de ses enfants…

    Mais la réalité du quotidien ne tardera pas à ternir les beaux idéaux de Claire. Franck s’éloigne peu à peu de l’image de prince charmant qu’elle s’était forgée, la laissant en proie au doute. Son idéal se démantèle. Au même moment, sa meilleure amie, qui vient d’avoir un bébé, s’aperçoit que l’image idyllique de la maternité que la société lui a inculquée est bien loin de la réalité quotidienne.

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    L’idéal standard, c’est celui que la société nous donne et qui est censé convenir à tous. Mais l’idéal de chacun diffère souvent

    Les passages dans lesquels on voit Claire à son travail, en néonatalogie sont très touchants. Au delà des couveuses, des tubes et des appareils, on perçoit toute la sensibilité de ces petits prématurés que Claire tente de soulager du mieux qu’elle peut.

    Nous pourrions croire qu »Idéal standard est une énième BD « féminine » sur le quotidien, les relations amoureuses et sexuelles des femmes d’aujourd’hui. Mais c’est sans compter sur le talent d’Aude Picault, auteur des excellents « papa » chez l’Association, « Fanfare » chez Delcourt ou encore « Parenthèse Patagone » chez Dargaud. Si elle s’amuse à insérer quelques clichés sur les femmes trentenaires, ce n’est que pour mieux les démanteler. Elle utilise les codes de cette BD dite « féminine », tout en se démarquant de ce style trop genré et ultra formaté.

    Une BD drôle et sensible sur les femmes d’aujourd’hui et au-delà sur les relations humaines.

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  • Irena

    Scénario : Jean-David Morvan et Séverine Tréfouel

    Dessin : David Evrard

    Editions Glénat (3 tomes prévus)

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    Pour commencer cette nouvelle année, Glénat nous propose une très belle BD basée sur des faits historiques et qui peut être lue à tous âges.

    « Irena » est l’histoire vraie d’une femme pleine de courage, déclarée Juste parmi les Nations en 1965.

    En 1940, la Pologne est envahie par les nazis. Les juifs de Varsovie sont « parqués » dans un ghetto entouré de hauts murs au coeur de la ville. Les conditions de vis y sont déplorables et quiconque tente de s’enfuir est abattu sans sommation.

    Irena Sendlerowa est membre du département d’aide sociale et à ce titre pénètre chaque jour dans le ghetto pour apporter un peu de nourriture et de réconfort à ses habitants. Irena est une femme forte qui tient ouvertement tête aux gardes nazis et fait son maximum pour préserver ces pauvres gens malades et malnutris.

    Un jour, une mourante demande à Irena d’emporter avec elle son enfant afin de le sauver de cet enfer… Après un petit temps de réflexion, Irena va accepter, puis, au péril de sa vie, commencer un transfert d’enfants à grande échelle vers la liberté.

    Irena paiera son geste et son courage, elle sera torturé par la gestapo, mais grâce à elle, près de 2500 enfants juifs seront sauvés du ghetto de Varsovie.

    C’est en lisant un article par hasard sur cette femme, décédée en 2008, que Jean-David Morvan aura l’idée de traduire en BD cette belle histoire.

    Le dessin plutôt jeunesse de David Evrard (Max et Bouzouki) ajoute une dimension universelle à ce récit indispensable.

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  • « Patience » de Daniel Clowes

    Patience – Daniel Clowes

    Cornélius

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    Il en aura fallu de la « patience » pour attendre ce nouvel album de l’immense Daniel Clowes, père fondateur de tout un pan de la BD, et auteur phare de la BD indépendante américaine. Il revient ici avec une superbe fiction mêlant polar, SF et romance.

    2012, Jack et Patience sont un couple américain lambda. Dans les premières pages de la BD, ils apprennent qu’ils vont avoir un enfant. Malgré les inquiétudes légitimes, Jack est au comble du bonheur. Il voit en cette nouvelle vie qui s’annonce le moyen de s’éloigner un peu de la jeunesse foireuse qu’il avait jusqu’à présent. Mais ses espoirs seront anéantis lorsqu’il retrouve Patience morte, assassinée…

    Jack est le premier à être accusé du crime, et après plusieurs mois en prison, sera finalement innocenté. Le meurtrier lui, ne sera jamais retrouvé.

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    2029, Jack, seul, cinquantenaire sans rêve et sans espoirs, cherche toujours le meurtrier de Patience. Au hasard de différentes rencontres, il va se retrouver en possession d’une machine à voyager dans le temps. Il voit tout de suite le potentiel de l’appareil pour tenter d’éviter le meurtre.

    Jack va voyager à travers les époques et suivre Patience à différentes étapes de sa vie. Il va enquêter sur son meurtre, tenter de retrouver le coupable et si possible l’éliminer avant qu’il ne commette son forfait. A travers ce voyage temporel, on découvre également les moments clés d’une existence, ceux qui peuvent faire basculer une vie…

    Le quinquagénaire grisonnant qu’est devenu Jack, va peu à peu s’immiscer en filigrane dans la vie de la jeune Patience. Comme dans les vieux classiques de la SF, Jack doit interférer le moins possible avec les personnages du passé. Il reste donc en arrière plan, inactif mais toujours présent. Il va découvrir des aspects de la vie de Patience dont il ignorait tout, et comprendre, au delà du meurtre lui-même, qui est vraiment la femme qui partageait sa vie.

    Cette recherche effrénée à travers le temps, est en fait la recherche d’un bonheur perdu. Jack veut retrouver les espoirs d’une époque révolue qui fut l’apogée de sa vie. Son vœu pour l’avenir est d’être avec Patience, en couple de quadra avec leur fils ado. Il rêve d’une vie lisse et normée, celle qu’il aurait pu espérer s’il n’y avait pas eu ce meurtre.

    On retrouve ici des thématiques et des sujets récurrents dans l’œuvre de Daniel Clowes : les difficultés de l’existence, l’angoisse, et la violence de la société envers ceux qu’elle considère comme des loosers.

    Daniel Clowes : «Mes premiers livres parlaient de la découverte de soi, de qui on est à l’intérieur. Maintenant, ils parlent davantage du fait de devoir affronter qui l’on est et comment vivre avec ça.»

    A travers un récit d’anticipation, Clowes trace un tableau pessimiste de la société et du monde. Une très belle œuvre !

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