Comics

  • Sukeban Turbo

    de Sylvain Runberg et Victor Santos

    Editions Glénat Comics – 17.95 €

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    Les « sukeban » sont des gangs de filles lycéennes et ultra violentes, apparus au Japon dans les années 70.

    Shelby, lycéenne new-yrokaise, fonde sur le modèle japonais son propre gang de filles surnommé « Sukeban Tribe ». Ses 4 membres, Shelby en tête, trempent dans le trafic de drogue et dans l’ultra-violence, à coup de batte de golf. Leur look de lycéennes sexy, et le talent de DJ de Shelby leur ouvrent les portes de tous les clubs branchés de la ville dans lesquels elles parviennent à écouler énormément de « came ».

    Elle sont au service de Jared, un caïd lui-même ultra-violent.

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    En parallèle des filles, on suit « Urban smile », un boy’s band à la mode qui fait fureur auprès des petites filles de 12 ans. Son leader, Sam, doit conserver l’image du garçon vierge qui attend le grand amour. Image bien sûr fondée de toutes pièces par son manager. Mais tout dérape lorsqu’il tombe amoureux d’une actrice X….

    Shelby, malgré son caractère dur et violent semble étrangement liée à Sam….

    « Sukeban Turbo » est un excellent thriller urbain très cinématographique, dans lequel on retrouve des accents d’Orange mécanique et de Tarantino. On assiste en direct au basculement et à la chute progressifs et irrémédiables de nos (anti-)héros.

    « Sukeban Turbo » est le premier « Original Graphic novel » de la collection Glénat Comics : une création de Sylvain Runberg, avec le dessin dynamique de Victor Santos.

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  • « Patience » de Daniel Clowes

    Patience – Daniel Clowes

    Cornélius

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    Il en aura fallu de la « patience » pour attendre ce nouvel album de l’immense Daniel Clowes, père fondateur de tout un pan de la BD, et auteur phare de la BD indépendante américaine. Il revient ici avec une superbe fiction mêlant polar, SF et romance.

    2012, Jack et Patience sont un couple américain lambda. Dans les premières pages de la BD, ils apprennent qu’ils vont avoir un enfant. Malgré les inquiétudes légitimes, Jack est au comble du bonheur. Il voit en cette nouvelle vie qui s’annonce le moyen de s’éloigner un peu de la jeunesse foireuse qu’il avait jusqu’à présent. Mais ses espoirs seront anéantis lorsqu’il retrouve Patience morte, assassinée…

    Jack est le premier à être accusé du crime, et après plusieurs mois en prison, sera finalement innocenté. Le meurtrier lui, ne sera jamais retrouvé.

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    2029, Jack, seul, cinquantenaire sans rêve et sans espoirs, cherche toujours le meurtrier de Patience. Au hasard de différentes rencontres, il va se retrouver en possession d’une machine à voyager dans le temps. Il voit tout de suite le potentiel de l’appareil pour tenter d’éviter le meurtre.

    Jack va voyager à travers les époques et suivre Patience à différentes étapes de sa vie. Il va enquêter sur son meurtre, tenter de retrouver le coupable et si possible l’éliminer avant qu’il ne commette son forfait. A travers ce voyage temporel, on découvre également les moments clés d’une existence, ceux qui peuvent faire basculer une vie…

    Le quinquagénaire grisonnant qu’est devenu Jack, va peu à peu s’immiscer en filigrane dans la vie de la jeune Patience. Comme dans les vieux classiques de la SF, Jack doit interférer le moins possible avec les personnages du passé. Il reste donc en arrière plan, inactif mais toujours présent. Il va découvrir des aspects de la vie de Patience dont il ignorait tout, et comprendre, au delà du meurtre lui-même, qui est vraiment la femme qui partageait sa vie.

    Cette recherche effrénée à travers le temps, est en fait la recherche d’un bonheur perdu. Jack veut retrouver les espoirs d’une époque révolue qui fut l’apogée de sa vie. Son vœu pour l’avenir est d’être avec Patience, en couple de quadra avec leur fils ado. Il rêve d’une vie lisse et normée, celle qu’il aurait pu espérer s’il n’y avait pas eu ce meurtre.

    On retrouve ici des thématiques et des sujets récurrents dans l’œuvre de Daniel Clowes : les difficultés de l’existence, l’angoisse, et la violence de la société envers ceux qu’elle considère comme des loosers.

    Daniel Clowes : «Mes premiers livres parlaient de la découverte de soi, de qui on est à l’intérieur. Maintenant, ils parlent davantage du fait de devoir affronter qui l’on est et comment vivre avec ça.»

    A travers un récit d’anticipation, Clowes trace un tableau pessimiste de la société et du monde. Une très belle œuvre !

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  • Sweet tooth

    Sweet tooth – Jeff Lemire

    Urban (Vertigo) – 28 €

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    Le volume 2 de Sweet tooth, qui en comptera 3, vient de paraître. C’est l’occasion pour nous de vous recommander absolument la géniale série du canadien Jeff Lemire.

    Cet excellent comics post apocalyptique n’est pas sans rappeler les meilleurs récits du genre. On pense en premier lieu par exemple à « La Route » de McCarthy.

    L’action a lieu 10 ans après le grand fléau, cette mystérieuse épidémie qui a décimé une grande partie de la population mondiale.

    Avec elle, d’étranges phénomènes sont apparus, notamment la naissance d’enfants monstrueux : mi-humains mi-animaux.

    Gus fait partie de ces enfants, c’est un hybride d’humain et de cerf. Il vit avec son père dans les bois, loin du monde, dont son père semble vouloir l’éloigner absolument…

    Mais à la mort de ce dernier, Gus se retrouve seul et devra affronter le monde et la folie humaine.

    Il part sur les routes d’une Amérique dévastée en compagnie de Jepperd, un grand gaillard qu’il rencontre en chemin et avec qui il va se mettre  à la recherche d’un refuge, et, pourquoi pas, de l’origines du fléau…

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  • Hommages déjantés aux supers-héros des années 40

     

    -The Shadow Hero de Gene Luen Yang et Sonny Liew

    Urban China – 15 €

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    Ce comics est le fruit de la collaboration de deux auteurs : le scénariste Gene Luen Yang est un américain fils d’immigré chinois qui a toujours été fasciné par la culture et l’identité chinoise aux Etats-Unis. Le dessinateur Sonny Liew est un malaisien qui vit à Singapour.

    The Shadow Hero fait revivre un personnage oublié du comics des années 40 : La Tortue Verte, premier super-héros chinois de l’Histoire du comics.

    La Tortue Verte revis ici sous les traits de Hank, jeune fils d’immigré chinois qui a pour ambition de reprendre l’épicerie familiale. Mais sa mère ne l’entend pas de cette oreille. Fascinée par les supers-héros, elle va tout faire pour que son fils en devienne un… contre son gré.

    C’est alors que la pègre de Chinatown va s’intéresser à son cas et tuer son père devant ses yeux. Hank n’a alors plus le choix, il va devenir la Tortue Verte !

    Un hommage plein d’humour à l’âge d’or des Supers-héros, avec un dessin que l’on pourrait comparer à celui de Rob Guillory (Tony Chu)

     

     

    Airboy de James Robinson et Greg Hinkle

    Jungle comics – 17 €

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    Un nouvel hommage à l’âge d’or du Super-Héros totalement déjanté et loufoque ! Ce comics met en scène James Robinson lui-même, à qui son éditeur Image Comics demande de remettre au goût du jour un super-héros oublié des années 40 qui vient de tomber dans le domaine public : Airboy.

    James Robinson est connu pour avoir déjà fait revivre avec succès le personnage de Starman, mais cette fois il demeure sceptique…

    Il passe alors une nuit de débauche avec le dessinateur Greg Hinkle et le projet Airboy commence à prendre forme… et ce littéralement puisque le personnage se matérialise devant eux afin de les ramener dans le droit chemin.

    Est-ce donc James Robinson qui va faire sortir Airboy de l’oubli ou Airboy qui va sauver James Robinson de l’impasse dans laquelle sa vie semble sombrer ?

    James Robinson se sert de cette mise en abyme pour s’interroger sur sa vie, sur sa carrière, sur sa place dans l’industrie du Comics…

    On y voit aussi une réflexion sur ce que cette industrie est en train de devenir : Marvel racheté par Disney ; DC appartenant à Time Warner… Sur la place minime que tiennent les auteurs aux Etats-Unis (les œuvres appartiennent aux éditeurs et non aux auteurs)

    Un comics loufoque et totalement « à part » dans l’univers du super-héros, à découvrir !

  • Notre univers en expansion

    Notre Univers en expansion d’Alex Robinson

    Futuropolis – 28 €

    Émission Le coin des libraires du lundi 30 mai sur Fance bleu Périgord – la sélection de Guillaume de la librairie Les Bullivores

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