BD

  • Talc de verre

    Talc de verre – Marcello Quintanilha

    ça et là – 18 €

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    Après Tungstène qui a obtenu le Fauve du polar au Festival d’Angoulême 2016, le brésilien Marcello Quintanilha nous livre le poignant Talc de verre !

    Rosangela, trentenaire, a tout pour être heureuse : un mari cardiologue qui l’aime énormément, deux enfants magnifiques, de l’argent, un très bel appartement dans un quartier chic… elle est dentiste à Niteroi, dans l’état de Rio de Janeiro. Son père lui a offert son cabinet dentaire, parfaitement situé, sitôt son diplôme obtenu.

    Pourtant Rosangela n’est pas heureuse… Elle ne saurait dire pourquoi… mais elle sombre dès qu’elle songe ou qu’elle rencontre sa cousine du même âge qu’elle, Dani.

    Pourtant Dani, elle, n’a pas une vie facile. Elle est certes jolie, mais elle est issue d’une famille pauvre. Son père Wagner est alcoolique et elle a passé son enfance à « nettoyer son vomi ». Dani s’est rapidement mariée pour échapper à son sort, mais son mariage fut un fiasco. Après son divorce, elle est retournée vivre chez ses parents dans les bas quartiers. Et elle demeure sans emploi.

    Oui mais voilà, Dani ne se plaint jamais, pire, elle affiche ce sourire ! Ce sourire qui hante Rosangela, qui la blesse ! Sa jalousie devient maladive, elle ne parvient plus à vivre sa vie et sombre peu à peu dans une terrible dépression…

    Le récit de Marcello Quintanilha est d’une force terrible car son procédé de narration permet au lecteur de ressentir ce que Rosangela ressent. On perçoit ses revirements, les méthodes qu’elle use pour essayer de se persuader elle-même qu’elle n’éprouve aucune animosité à l’égard de sa cousine.

    Talc de verre peut aussi être vu comme une allégorie du Brésil actuel qui traverse une crise politique et économique sans précédent due en partie aux trop fortes inégalités de richesse. Est-ce une forme de culpabilité de classe que ressent Rosangela ?

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  • Le crépuscule des idiots

    Le crépuscule des idiots – Krassinsky

    Casterman – 25,95 €

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    Nous sommes sur une planète peuplée par des singes. Ceux-ci sont doués de parole, mais leur société est basée sur la loi du plus fort. Seul le mâle dominant Taro, sa femelle Hisayo et quelques autres de son rang sont autorisés à utiliser les sources chaudes pendant que le reste du peuple est condamné à se geler dans un hiver glacial.

    Tout change lorsqu’un objet étrange tombe du ciel et qu’en sort un singe nouveau doté d’une combinaison spatiale. Certainement envoyé dans l’espace par des humains, ce nouveau venu, qui se fait appeler le macaque Rhésus, s’est échoué dans ce monde primitif et compte bien profiter de l’étonnement de ses congénères pour renverser la loi du plus fort qui ne lui aurait pas été favorable.

    Il invente donc le mythe d’un « Diou » tout puissant dont il serait le prophète et place certains des plus crédules éléments à ses côtés pour répandre la parole de « Diou ».

    Et c’est ainsi que la religion arriva sur le monde !

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    Le crépuscule des Idiots est une satire à la fois très juste et très drôle de la religion et de ses prophètes. Les « religieux » les plus haut placés : les prophètes et les élus, sont les seuls à savoir que « Diou » n’existe pas et que tout a été inventé…. Tandis que le peuple est plongé dans une adoration aveugle qui le rend totalement soumis.

    Beaucoup de thématiques sont abordées dans cette BD de 300 pages : l’interdiction de représenter « Diou », le délit de blasphème, le sacrifice du peuple par des offrandes immodérées à « Diou » et ses prophètes, les contritions, la domination des forts sur les faibles, des hommes sur les femmes…

    Krassinsky agrémente son roman graphique de superbes dessins à l’aquarelle.

    L’apparition du macaque Rhésus sur cette planète s’inspire de véritables essais de la NASA dans les années 1950-60, lors desquels des singes ont été envoyés dans l’espace, et dont certains éléments n’ont jamais été retrouvés.

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  • Un maillot pour l’Algérie

    Guillaume nous parle du dernier album de Kris et Bertrand Galic dans l’émission « le coin des libraires » sur France bleu Périgord

  • Le Port des Marins Perdus

    Le Port des Marins Perdus – Teresa Radice et Stefano Turconi

    Glénat (Treize étrange) – 22 €

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    voilà une bonne petite surprise idéale pour les lectures de vacances, lorsqu’on a envie de s’évader avec une histoire où se mêlent le voyage et le merveilleux…

    1807, un jeune naufragé est repêché sur une plage du Siam. Il n’a plus aucun souvenir, hormis celui de son prénom : Abel. William Roberts, premier officier d’un navire anglais qui mouille au large va le prendre sous son aile. William a récemment été nommé capitaine de son navire depuis que son commandant s’est enfui en emportant le trésor qu’il y avait à bord. Ce dernier va ramener Abel en Angleterre. A bord, il semble très aux faîtes des choses de la mer…

    Comme il n’a aucun souvenirs de son passé, William le ramène avec lui à Plymouth, où les trois filles de son ancien capitaine tiennent une auberge, car William est amoureux de l’aînée et compte l’épouser bientôt.

    Là, Abel va peu à peu recouvrer ses souvenirs, et découvrir des informations troublantes sur lui-même et son passé…

    D’un récit d’aventure, nous nous retrouvons dans un véritable polar, dans lequel Abel doit résoudre le mystère de sa présence en ces lieux et l’énigme de la disparition du capitaine.

    Certes, le dessin, bien qu’il soit somptueux et très détaillé, notamment avec les magnifiques voiliers et les paysages à couper le souffle, n’est qu’un simple crayonné non encré. Et l’on doit avouer que l’on regrette un peu l’absence de l’encrage… Mais passé cette première surprise, on plonge avec délice dans une superbe aventure pleine de rebondissements mais aussi de tendresse et de poésie.

    Le récit est imprégné des plus belles histoires et sonorités de la littérature anglaise classique.

    Un bon conseil de lecture pour l’été !

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  • L’origine du monde

    « L’origine du monde » de Liv Strömquist

    Rackham – 20 €

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    L’origine du monde est une BD documentaire sur un sujet somme toute peu traité, en tous cas de cette façon, le Sexe féminin.

    La suédoise Liv Strömquist nous livre une étude à la fois historique et sociologique sur la vulve, organe tabou, encore aujourd’hui uniquement décrite, regardée et considérée sous un prisme exclusivement masculin.

    Jusqu’au XIXème siècle, le féminin et le masculin étaient considérés comme semblables. C’est ensuite que l’on s’est mis à souligner uniquement les différences et la complémentarité entre les deux sexes. Dès lors, l’appareil génital féminin n’était plus considéré que comme un trou, un vide, ayant vocation à être comblé par un sexe masculin.

    La BD aborde aussi divers sujets annexes :

    • le cycle menstruel, qui était sacré dans l’Antiquité et qui aujourd’hui est considéré comme honteux.
    • L’orgasme féminin considéré de façon générale comme facultatif, à l’inverse de l’orgasme masculin admis par tous comme nécessaire à la procréation.

    Liv donne de nombreux exemples (écrits psychanalytiques, religieux ou médicaux, manuels scolaires, publicités…), détaillant toujours ses sources. Elle use souvent de l’humour et s’autorise bon nombre de digressions toujours passionnantes.

    Le média BD n’est pas totalement utilisé puisque l’auteur s’autorise des placards de textes et que le dessin, lorsqu’il est présent, reste très minimaliste.

    Cependant, l’analyse est bluffante de justesse. Cet ouvrage, féministe comme il se doit nous apporte un éclairage nouveau sur un sujet que l’on connait finalement très peu.

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